Notre lettre 1365 publiée le 30 avril 2026

LE PREMIER PÈLERINAGE

NOTRE DAME DE CHRÉTIENTÉ

ITALIEN DE ROME À SUBIACO


À l’instar de ce qui se fait dans d’autres pays, en France, en Espagne et en Argentine notamment, un groupe de laïcs s’est réuni à Rome pour organiser un grand pèlerinage au rythme de la liturgie traditionnelle.
Bien que ce premier pèlerinage international italien ne fut le premier de cet ampleur il ne faut pas oublier qu'en 2024 un groupe de la paroisse de Vérone a ouvert le chemin, en faisant une marche qui avait réuni plus de 40 pèlerins jusqu'à la Madone della Corona, pressée contre une falaise.

Un pèlerinage né d'un autre pèlerinage
L’idée d'un grand pèlerinage italien est née après que les organisateurs, avec d’autres jeunes, ont participé au pèlerinage homonyme de Notre Dame de Chrétienté en Espagne, d’Oviedo à Covadonga. Après ce long chemin de trois jours, vécu avec tant d’autres jeunes catholiques, sur les traces des héros de la Reconquista et bénis par la Sainte Messe, il a été décidé que ce magnifique moyen d’évangélisation — le chemin de foi, qui pendant des millénaires a converti les catholiques de toute l’Europe — devait aussi naître en Italie, et en particulier à Rome.
Les jeunes organisateurs, Giacomo Mollo et Nicolò Toppi, tous deux laïcs attachés à l'Usus antiquior, bénéficient du soutien d’un groupe de jeunes volontaires dynamiques et de nombreux prêtres.


Les inscriptions ont été nombreuses pour une première édition : 160 inscrits, laïcs plus les séminaristes et une vingtaine de prêtres. Les pèlerins de Rome et du Latium, sont venus en force. Mais on pouvait aussi croiser des Sardes, des Lombards, des Vénitiens, des Napolitains, ou encore des pèlerins venus du Piémont et de l'Ombrie. Giacomo est des Abruzzes, étudiant à Rome en ce moment - son chapitre local a été placé sous le patronage de Saint Camille de Lellis. Aux Saintes Messes se sont ajoutés beaucoup d'autres fidèles qui ne pouvaient pas effectuer la marche de 91 kms. A entendre les premiers retours, l'expérience a été magnifique ; "au-delà de son bon déroulement, sans aucun incident, nous avons traversé des lieux d’une grande beauté, tant par leur paysage que par leur profonde charge spirituelle pour les catholiques".
Un Argentin qui fait habituellement le pèlerinage de Lujan, et est actuellement en voyage d'études en Europe rapporte fièrement que "chez nous, on nous a interdit la messe au sanctuaire mais nos prêtres assument l'état de guerre liturgique et célèbrent dans les bois".
Un toulonnais est venu en Flixbus : "nous marchons pour Nosto Fe en Provence, on peut bien le faire pour nos amis italiens !".
Pour Alberto, qui a déjà fait le pèlerinage de Chartres, "c'est une fierté de faire un pèlerinage en Italie, et sous nos couleurs en plus, celles de la Vénétie". Il est venu avec un petit groupe et avec trois de leurs prêtres diocésains, soutanes et étoles pastorales au vent.
Et puis aussi des espagnols - c'est Covadonga qui a inspiré les jeunes organisateurs - ainsi qu'au moins deux anglais, dont un Londonien qui a déjà marché à "Walsingham, Lujan, Covadonga, Fatima, mais pas encore Chartres". Ce sera chose faite dans deux mois.

Une veillée d'Adoration à la Domus Australia


A la veille du pèlerinage, la très recueillie Adoration dans la chapelle de la mission australienne à Rome - la Domus Australia, à quelques encablures au nord de la gare Termini, ornée des peintures hyperréalistes de l'artiste de Sydney Paul Newman, a rassemblé une soixantaine de personnes dont une vingtaine de clercs. Parmi eux, des étudiants étrangers catalans, libanais, qui ne connaissaient pas (encore) le pèlerinage - mais ont vu la lumière de Dieu et sont entrés.

Une Messe de départ à la basilique de Sainte-Marie-Majeure


Le pèlerinage lui-même a commencé le 25 avril par une Messe solennelle à la Basilique papale de Sainte-Marie-Majeure, à Rome dans l'une des chapelle latérale... Ironie de la Providence - elle était pleine à craquer et située juste à côté de la tombe du Pape François, visitée par des groupes de touristes dont elle est une station obligée.

Un départ remarqué par les romains et les touristes


La colonne s'est donc élancée avec près d'une heure de retard, et jusqu'à la porta Metronia, près des thermes de Caracalla, où se trouve le début de la via appia Antica, isolée entre deux murs, ce fut, pour les touristes, romains et même le clergé, une étonnante surprise de voir la colonne hérissée de drapeaux régionaux italiens, de bannières religieuses et de drapeaux étrangers - Bretagne, France, Espagne, Hongrie, Argentine, Irlande, Angleterre, etc.


Il y a sept argentins, deux anglais, quatre Bretons - dont deux jeunes filles qui marchent ensemble avec le drapeau breton frappé du Sacré-Cœur sur leurs sacs à dos - et quatre irlandais. Ceux-ci ne tarderont pas à lancer leur propre pèlerinage traditionnel. Il se dit que sous peu un petit groupe va marcher de Dublin au sanctuaire de Knock - 200 km d'est en ouest à travers la verte Eire. Jusque là le pays ne connaît qu'un pèlerinage traditionnel - celui des scouts d'Europe de Dublin à Glendalough, 50 km au sud.


Sur les seuils de leurs couvents, des églises, des commerces, Romains et touristes étaient aux premières loges, smartphones à la main ; bus et circulation laissaient avec déférence le pèlerinage occuper toute une voie, tandis que de loin en loin - devant le Latran notamment - le clergé faisait des stations de prière dans le cadre des Rogations.

Pérégriner de la via Appia à Subiaco


Un pèlerin témoigne : "Partir de la Basilique papale de Sainte-Marie-Majeure en procession jusqu’à Saint-Jean-de-Latran, passer devant l’église du « Quo Vadis », marcher sur la Via Appia Antica, traverser la place de Castel Gandolfo autour de la résidence papale, visiter le Sanctuaire de la Mère du Bon Conseil à Genazzano, célébrer la Sainte Messe du deuxième jour au Château Colonna, où naquit le pape Martin V, arriver à Subiaco et célébrer la Messe finale dans l’église abbatiale de Sainte-Scolastique, conclure par la visite de la sainte grotte où saint Benoît a jeté les bases du monachisme occidental sur lequel repose notre Europe — tout cela, uni au sens pénitentiel du chemin, à l’universalité de l’Église manifestée par la participation de pèlerins venus de nombreuses parties du monde et à la communion de foi en participant à la Sainte Messe selon l’Usus Antiquior du Rite Romain, a donné à chacun de nous un sentiment de gratitude, de beauté et de foi véritablement inimaginable."


Et déjà se prépare le pèlerinage de Rome à Subiaco 2027.
Les organisateurs travaillent déjà à la prochaine édition afin d'améliorer l'organisation et de permettre aux pèlerins de vivre une expérience spirituelle et de chrétienté encore plus forte, tout en se préparant à accueillir un nombre encore plus important de pèlerins. La date est fixée : du 24 au 26 avril 2027.

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