Notre lettre 1326 publiée le 22 janvier 2026
DANS LE DIOCÈSE DE NEVERS
NOUS MOURRONS...
MAIS NOUS CONTINUERONS À REFUSER
D'ACCORDER DES ÉGLISES
AUX FIDÈLES ATTACHÉS À LA LITURGIE TRADITIONNELLE !
De 1963 à 2022, la Paix Liturgique était en place dans la Nièvre avec l'abbé Hubert Fleury, seul prêtre diocésain de France à figurer à la fois dans un annuaire diocésain et celui de la FSSPX – non seulement il célébrait la messe tridentine à l'église de Marzy, une commune qui jouxte à l'ouest celle de Nevers, mais il assurait des célébrations pour la FSSPX notamment à la chapelle d'Angillon dans le nord du diocèse de Bourges, à quelques dizaines de kilomètres de Nevers.
Seulement à sa mort le 19 mai 2022, sous prétexte notamment que la messe d'inhumation a été faite par un abbé de la Résistance (williamsoniens), ex-paroissien de Marzy, auquel Mgr Brac de la Perrière a quand même laissé l'église de Marzy, l'abbé Fleury n'est pas remplacé et sa messe disparaît, laissant de fait les fidèles sans autre solution diocésaine – la FSSPX est présente à Couloutre, l'IMBC, une branche du sédévacantisme, à Raveau, et les sœurs du Grand Crezan, elles-mêmes proches du sédévacantisme, à Donzy – les trois lieux sont dans le nord du diocèse près de Cosne-cours-sur-Loire.
En 2015 déjà, Mgr Brac de la Perrière avait tenté de supplanter l'abbé Fleury, en nommant l'abbé Jouanin et en exigeant la mise en place d'un « biritualisme », d'après les informations du site (proche de la Résistance) La Sapinière. Seulement, les fidèles avaient alors résisté. L'abbé Fleury, dont la première messe avait été à Marzy le 29 septembre 1963, était une figure religieuse locale, vicaire à Saint-Jacques de Cosne, aumônier au collège libre de saint Didier en Velay dans le diocèse du Puy, pendant deux ans, vicaire à la cathédrale d'Auxerre avant de revenir à Marzy.
A sa mort, la FSSPX lui rendit hommage sur son site : « c'est dans cette église saint André que l'on pouvait encore voir célébrée la semaine sainte selon le rite antérieur à la réforme de Pie XII en 1955. C'est à Marzy que demeurèrent pendant de nombreuses années les processions des Rogations, mais surtout les Fête-Dieu […] L'abbé Fleury avait restauré les confréries de Sainte-Agathe pour les dames et de Saint-Vincent, patron des vignerons, pour les hommes, avec leur messe annuelle respective et leur participation en corps constitués pour toutes les grandes cérémonies […] On se souvient aussi des bénédictions de la saint Christophe à la fin du mois de juillet.
La découverte du combat de préservation du sacerdoce catholique et de la sainte messe mené par Mgr Marcel Lefebvre et la FSSPX renforcèrent sa résolution de maintenir le bon combat de la Foi et de garder le cap de la fidélité à la Tradition. L'abbé Fleury se rendit régulièrement à Ecône pour les ordinations sacerdotales […] Les déboires qu'il connut avec ses évêques successifs ont blessé intérieurement l'abbé Fleury. Attaché à son statut de prêtre diocésain, à son cher diocèse de Sens-Auxerre puis de Nevers, il accepta cependant d'être ostracisé plutôt que de renoncer à la défense de la vraie messe et de tout ce qu'elle irrigue dans la vie chrétienne ».
Mgr Brac de la Perrière : un « burn-out » bien pratique
Néanmoins avec la mort de l'abbé Fleury, ceux qui ont fait du diocèse de Nevers un fer de lance du modernisme ont pensé gagner : il n'a pas été remplacé, et ses fidèles carrément abandonnés. Des négociations menées par les fidèles étaient sur le point d'aboutir, mais las ! En janvier 2023 Mgr Brac de la Perrière annonce son burn-out et quitte le diocèse de Nevers pour revenir chez lui à Lyon, et en juin 2023 renonce définitivement à sa charge pour être nommé auxiliaire de Lyon.
Cette nomination pose aussi question comme remarque alors le Progrès – en 2019 il faisait partie des prévenus du procès Preynat, avec le cardinal Barbarin, pour non-dénonciation d'agressions sexuelles – il avait été mis au courant dès 2011 par un fidèle des abus commis par le père Preynat. La justice a estimé l'infraction établie, mais les faits prescrits.
Comme le relevait Golias dans son trombinoscope 2024-25, « Thierry Brac de la Perrière n'aurait jamais du devenir évêque. Il n'était pas fait pour cela. Il ne l'a d'ailleurs jamais recherché […] On ne va pas tourner autour du pot : l'homme n'avait pas la carrure ». En quittant le diocèse de Nevers, Mgr Brac de la Perrière reconnaît des erreurs : « j'aspire à un ministère moins lourd et moins exposé. Je vous quitte avec le sentiment de n'avoir pas fait tout ce que j'aurais du faire et d'avoir commis des erreurs ».
Mais ni Golias ni l'ex-évêque de Nevers ne précisent l'essentiel : quelques semaines avant ledit burnout, ses collaborateurs ont trouvé dans son ordinateur des photos très inconvenantes pour un évêque (et même pour un prêtre).
Plus que 13 paroisses et une trentaine de prêtres
Difficile après cela d'être encore crédible dans un diocèse, emblématique de la diagonale du vide, désindustrialisé, marqué par les reliefs du Morvan, déjà très déchristianisé au moment du Concile et qui s'est effondré – Nevers comptait 242 prêtres en 1970, 63 paroisses en 1992 – aujourd'hui il ne reste qu'une petite trentaine de prêtres, principalement étrangers (Inde, Sénégal, Togo, Côte d'Ivoire) ou issus d'autres diocèses (Bourges, Moulins...) pour seulement 13 paroisses – la plupart des églises des 309 communes nivernaises ne sont donc plus desservies, faute de prêtres et de paroissiens.
En 2025, le seul et unique séminariste diocésain, Baudouin Massias, a été ordonné prêtre par le nouvel évêque, Mgr Drouot, ex-vicaire général du diocèse voisin d'Autun, et envoyé pour deux ans en études. L'année précédente, Florent Ringeval avait été ordonné prêtre. Deux années fastes après quinze (!) sans aucune ordination, la dernière remontant à 2009.. et il n'y en aura pas avant un moment.
Les fidèles de la messe traditionnelle ont transformé un hangar en chapelle
Abandonnés par le diocèse, les fidèles de la messe traditionnelle de Marzy ont trouvé un desservant – un prêtre bénédictin associé à la FSSPX, nivernais depuis le milieu des années 1990, mais qui célèbre aussi des messes dans le cadre diocésain – et une chapelle, celle du château des Bordes, au nord de l'agglomération de Nevers.
Cependant, bien qu'elle est jolie – dans le style du XVIIIe -, mais petite – elle contient difficilement une trentaine de fidèles – le desservant a fini par acquérir un hangar, transformé en chapelle, en contrebas de la route d'Urzy à Guérigny, puis l'a donné à une association proche des capucins de Morgon pour pérenniser cette fondation. Il s'agit de la chapelle de la Divine Bergère, nettement plus grande. Cependant l'enfer normatif français a rattrapé la messe traditionnelle – en attendant la fin des travaux (en cours) pour mettre le lieu aux normes ERP après une démarche de la municipalité, elle ne peut être exploitée, et le desservant est actuellement dans l'obligation de célébrer trois messes le dimanche, aux Bordes, chez lui à Moussy et dans une famille à Pougues pour près de 80 fidèles – mais bien plus pendant des vacances.
La presse locale s'est réveillée près de deux ans après l'inauguration de la chapelle de la Divine Bergère pour titrer à boulets rouges sur « des intégristes catholiques [qui] célèbrent des messes en latin dans un hangar de la Nièvre ». Cependant sur Facebook l'article a été abondamment commenté – et la quasi-totalité des 1000 et quelques commentaires, ce qui est énorme pour l'audience habituellement modeste du Journal du Centre, sont favorables. Petit florilège :
« Il y a tellement d'églises qui tombent en ruines désertées par leurs paroissiens. Confiez les aux tradis, elles seront sauvées et se rempliront de nouveau avec des jeunes et moins jeunes ».
« Et alors ? Dans un pays de tradition catholique, aucun problème ».
« Mon pays jusqu'à preuve du contraire est catholique. Les pratiquants ne dérangent personne et c'est notre culture »
« Et alors ? On peut leur proposer un lieu de culte plus approprié. Les églises ne sont pas la propriété de l'Eglise catholique ''officielle'' »
« Quel est le problème ? Chacun est libre d'exercer sa religion ».
« Je suis agnostique. Mais les gens qui vont à la messe peuvent bien écouter la messe en latin. En français. Pourvu que ça leur fasse du bien ».
« Ce ne sont pas des intégristes, ce sont des fidèles ».
« Si on inscrit les enfants en cours de latin on devient de dangereux extrémistes ? »
« Merci pour l'info, si je passe par là, j'irai »,
...
Le diocèse de Nevers a plein d'églises vides, mais pas une pour les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle
Et pourtant, selon nos informations, le diocèse de Nevers – qui est quasiment à l'état de la mort cérébrale – dispose de plein d'églises vides, mais aucune pour les fidèles de la messe tridentine. Même pas celle de Marzy, évidemment. En novembre dernier, l'évêque aurait même refusé un baptême après la demande d'un prêtre tout au nord du diocèse, et seuls des mariages arrivent parfois à être célébrés – à condition que les prêtres soient extérieurs (!) au diocèse.
Un fidèle des Bordes fait un constat lassé : « le diocèse de Nevers est en train de crever la gueule ouverte, mais même dans cet état ils préfèrent mourir plutôt que de laisser une église à la messe tridentine. On ne demande pourtant pas la lune. Seulement ce qu'on avait avec l'abbé Fleury, une église pas trop loin de Nevers ».
Un autre, qui va à la messe de Pougues, abonde : « quand Mgr Brac de la Perrière est parti, il y avait à peine 1000 fidèles pratiquants réguliers le dimanche dans tout le diocèse. Et comme ils sont très âgés, ce nombre baisse inexorablement. On demande à pratiquer notre foi publiquement, dans une des églises du diocèse bâties par nos ancêtres. Etre obligés d'aller dans une grange, une cave ou un hangar pour assister à la messe, ce n'est pas satisfaisant. Nous voulons proclamer notre foi publiquement dans les églises de nos villages ».
Alors est-ce que dans le diocèse de Nevers le bon sens va finir par l'emporter et la paix liturgique rétablie ?




