Notre lettre 827 publiée le 4 octobre 2021

FRATELLI TUTTI (suite) 30eme MESSE DEVANT UNE EGLISE VIDE MAIS FERMEE, A SAINT-GERMAIN –EN-LAYE

Hier 3 octobre 2021 s’est déroulée, sous une pluie battante, la 30ème messe devant la chapelle vide, mais fermée, de l’hôpital de Saint-Germain-en Laye dans le diocèse de Versailles.


 

Paix liturgique : Cher Germain pouvez-vous nous donner quelques nouvelles de la situation à Saint-Germain-en-Laye ?

Germain de Paris : Je dirais que nous sommes désormais dans « la routine » avec notre messe dominicale hebdomadaire depuis le mois de mai dernier.

 

Paix liturgique : Tous les dimanches depuis le mois de mai dernier ?

Germain de Paris : Effectivement tous les dimanches et fêtes ! A 11h mais avec – pour l’instant au moins – une interruption pendant les vacances d’été.

 

Paix liturgique : Donc « un groupe stable » ?

Germain de Paris : Vous savez notre demande de la célébration d’une messe traditionnelle à Saint-Germain-en-Laye date d’il y a plus de 21 ans et nous en sommes à la 30ème célébration. Je pense pouvoir affirmer que nous constituons un groupe stable de plus d’une centaine de fidèles.

 

Paix liturgique : Une centaine de fidèles ?

Germain de Paris :  Bien sûr même si nous sommes bien plus en réalité ; mais comme il y a beaucoup de familles avec de jeunes enfants et beaucoup de maman enceintes vous comprendrez que dans les situations climatiques difficiles certaines ne puissent pas venir aussi souvent qu’elles le souhaiteraient.

 

Paix liturgique : Mais pourquoi cette obstination à avoir une célébration à Saint-Germain ?

Germain de Paris : Mais simplement car une grande partie des fidèles sont de Saint-Germain et sont heureux de venir à pied à la messe. Quant aux autres ils n’ont guère d’alternative car, habitant à l’ouest de Saint-Germain, ils n’ont pas d’autre solution pour assister à une messe traditionnelle. Mais si un jour celle-ci était célébrée à Poissy ou à Chambourcy…

 

Paix liturgique : Mais ne croyez-vous pas que la publication par le pape François du motu proprio « Traditionis Custodes » va empêcher vos pasteurs de vous accorder ce que vous sollicitez ?

Germain de Paris : Vous savez en 2007 le pape Benoit avait permis que de telles demandes soient accordées à la condition bien sûr que des groupes stables de fidèles le demande… et rien n’a été accordé ni pour nous ni pour des centaines d’autres groupes car nos interlocuteurs ont souhaité se laisse le temps de la réflexion. Alors aujourd’hui où notre pape semble aller dans une autre direction nous nous disons que peut-être les temps sont venus pour nos pasteurs de nous accorder ce que nous demandons…

 

Paix liturgique : Vous me semblez bien optimiste.

Germain de Paris : J’ai Foi et l’Espérance car si un pape dit une chose et le suivant son contraire cela m’invite à l’Espérance pour un nouveau changement d’avis du pape actuel ou de son successeur. Et puis n’oublions jamais que le pape François est le pape de Fratelli Tutti donc nous gardons un bon espoir de voir notre demande être acceptée…

 

Paix liturgique : Mais ont-ils une église à vous proposer ?

Germain de Paris : Vous savez que nous prions chaque dimanche devant la chapelle de l’ancien hôpital de Saint-Germain qui est non seulement fermée mais désormais totalement inoccupée (Jusqu’à l’an dernier y était célébrée une messe le jeudi après-midi mais rien le dimanche).

 

Paix liturgique : Mais j’ai cru entendre que des travaux allaient commencer et que même si vos pasteurs le souhaitaient ils ne pourraient pas vous permettre de vous y installer ne serait-ce que pour la messe dominicale.

Germain de Paris : C’est un argument spécieux car si ce n’était que cela ils auraient pu nous y laisser entrer depuis un an et demi, ce qui aurait déjà été une bonne chose et surtout un moyen d’éviter de laisser des familles, des femmes et des enfants sous la pluie, le froid, la neige et même hier une tempête.



 

Paix liturgique : Mais si les travaux avaient lieu que feriez-vous ? 

Germain de Paris : En réalité nous sommes plutôt confiant car « le coup des travaux » on nous le fait depuis si longtemps que cela nous laisse, je crois, encore un bon moment avant de nous retrouver « encore plus dehors ».

 

Paix liturgique : Mais alors que ferez-vous ?

Germain de Paris : Il reste plusieurs options. La première étant de célébrer notre messe dans la chapelle des Franciscaines.

 

Paix liturgique : Mais n’est-elle pas désormais confiée à la communauté ukrainienne catholique ?

Germain de Paris : Il parait… bien que malgré nos nombreuses demandes de contacts ces ukrainiens – s’ils existent – n’ont jamais répondu à nos demandes de rencontre et de dialogue.

 

Paix liturgique : Mais ils doivent bien exister tout de même ?

Germain de Paris : En effet ils doivent être quelques-uns mais ce qui est certain c’est qu’ils n’utilisent JAMAIS la chapelle des franciscaines le dimanche matin ; donc ce serait une option possible en cas de fermeture complète de la zone de l’hôpital que nous nous replions vers la chapelle des franciscaines.

 

Paix liturgique : Mais l’église sera peut-être fermée ?

Germain de Paris : Malheureusement nous y sommes habitués donc c’est encore devant une église fermée que nous célébrerions notre messe dominicale.

 

Paix liturgique : Mais si cela n’était plus possible ?

Germain de Paris : Il nous resterait toujours la possibilité de la célébrer devant – ou derrière – l’Eglise paroissiale mais je crois sincèrement que nous n’aurons jamais à aller jusque-là.



 

Paix liturgique : Vous pensez-donc que votre pasteur pourrait trouver une solution ?

Germain de Paris : Je ne le pense pas j’en suis certain ! Et cela très facilement. Il suffirait de laisser les portes de la chapelle de l’hôpital ouvertes pour que toutes ces aventures d’un autre millénaire s’arrêtent et que le temps et les prières aidant, s’instaure d’abord un vrai dialogue et qu’une fois les tensions apaisées une solution soit trouvée.

 

Paix liturgique : Un dernier mot à propos de votre aumônier.

Germain de Paris : Les nouvelles sont encourageantes et je pense que bientôt il logera près de Saint-Germain ce qui nous permettra de développer une vraie vie pastorale avec messe quotidienne, confessions et catéchisme.

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