Notre lettre 808 publiée le 26 juillet 2021

LIBERTE POUR LA MESSE TRADITIONNELLE !

APRES LA SECONDE MANIFESTATION DEVANT LA NONCIATURE DE PARIS RENDEZ-VOUS POUR LA TROISIEME MANIFESTATION LE SAMEDI 31 JUILLET A MIDI


Paix liturgique : Présentez-nous votre initiative de protestation contre le motu proprio Traditionis Custodes ?

Christian Marquant : Elle fut tout à fait spontanée ou presque… parce qu’elle est née de l’idée d’un de nos amis romain, qui nous a déclaré le vendredi 15 juillet, le jour même de la promulgation du Motu proprio Traditionis Custodes :« Il faudrait organiser une manifestation monstre à Rome ». Cette idée, très difficile à réaliser, nous a conduit à nous demander quelles actions efficaces, durables et surtout possibles nous pourrions entreprendre pour faire connaitre notre colère aux ennemis de la paix ? C’est l’abbé Claude Barthe, à qui nous en parlions, qui eut le 16 juillet au matin – je peux bien le dire puisqu’il est venu avec nous – l’idée toute simple que des laïcs se retrouvent paisiblement devant la nonciature apostolique pour témoigner de leur opposition à la décision mortifère du motu proprio. Rien n’était prévu… et vous savez que nous nous sommes retrouvés à huit autour de l’abbé avec quelques cartons rapidement griffonnés pour cette première manifestation pour l’honneur de la tradition et de nos prêtres. Après cette « première », nous avons été convaincus qu’il fallait continuer et c’est ainsi que le 24 juillet nous avons manifesté pour la seconde fois.


Paix liturgique : Une grande manifestation ?

Christian Marquant : Pas vraiment, car notre vœu n’est pas de transformer notre interpellation en mouvement de masse, mais plutôt qu’elle devienne un témoignage persévérant. Aussi avons-nous estimé que nous devions nous engager à être au moins une dizaine de protestataires. C’est comme si nous adressions chaque semaine une « lettre recommandée » au Pape par la valise diplomatique. Avec un message très simple : « Liberté pour la messe traditionnelle ! »


Paix liturgique : Comment s’est déroulé cet Acte II ?

Christian Marquant : Nous avions un peu mieux préparé la manifestation avec banderole et affichettes et, Dieu soit loué !, nous nous sommes retrouvés à un peu plus de 50 catholiques de tous âges et vraiment de tous styles dans une ambiance familiale et sympathique, à faire connaissance ou à nous retrouver, à converser et aussi un peu prier, sur l’avenue du Président Wilson, à la vue de nombreuses personnes du quartier, des commerçants du marché et des automobilistes. Nous nous sentions entourés d’un courant de sympathie. Franchement, vous vous en êtes rendu compte : personne ne comprend qu’on veuille interdire la messe en latin.




Paix liturgique : 50 participants… n’est-ce pas bien peu ?

Christian Marquant : Il ne s’agit pas d’être une foule, mais d’être là, et de dire notre message : « Liberté pour la messe traditionnelle ! »




Paix liturgique : Mais pourquoi devant la Nonciature ?

Christian Marquant : Le motu proprio, comme son nom l’indique, est un acte personnel du Pape. Or, le nonce est l’ambassadeur du Pape. Donc, nous venons devant chez lui. C’est aussi simple que cela.




Paix liturgique : Vous aviez des prêtres avec vous ?

Christian Marquant : Notre démarche est une démarche de laïcs catholiques mais nous n’interdisons pas aux prêtres de nous donner des conseils, de participer à nos manifestations et de venir prier avec nous !




Paix liturgique : A quoi espérez-vous aboutir ?

Christian Marquant : Au mieux, nous prions pour que le Pape revienne sur cette décision qui va contre la communion dans l’Eglise. Mais il est peu probable qu’il le fasse dès aujourd’hui car il est inconscient, semble-t-il, des réalités vivantes de l’Eglise, et il faudra sans doute attendre son successeur pour revenir à la paix. Aujourd’hui, notre objectif est d’exprimer la profonde blessure de tous les prêtres et de tous les fidèles attachés à la messe traditionnelle, et leur détermination. Il s’agit de faire connaître à nos pasteurs l’odeur de leurs brebis… Des brebis qui ne se laisseront pas tondre, si je peux parler ainsi, sans rien dire. Car il s’agit de la foi catholique et du patrimoine spirituel de l’Eglise.


Paix liturgique : Que comptez-vous faire dans l’avenir ?

Christian Marquant : D’abord continuer ce témoignage avec détermination et persévérance aussi longtemps que nécessaire. Et puis aussi, rester vigilants et réagir immédiatement, avec tous les moyens à notre disposition, à toutes les manœuvres des ennemis de la réconciliation. Bien des choses vont se jouer à la rentrée. Nous sommes prêts. Ce qu’on appelle le monde de la tradition catholique ne se laissera pas écraser.


Paix liturgique : Que craignez-vous que puissent faire ceux qui veulent l’écraser ?

Christian Marquant : Comme dans les années d’après le Concile, les prêtres traditionnels seront les plus vulnérables. Il est clair, notamment, et un certain nombre de prélats qui sont « aux manettes » ne s’en cachent pas : les séminaires traditionnels vont être la cible principale. Ils doivent comprendre que nous ne les laisseront pas faire !


Paix liturgique : Envisageriez-vous d’amplifier votre action ?

Christian Marquant : Je vous le répète, nous envisageons de témoigner haut et fort. Tranquillement, paisiblement, mais en disant, en prenant tous les moyens pour être entendus, tout ce que nous avons à dire. Nous n’avons aucun désir de nous mettre à la place des autres, notamment des supérieurs de communautés et instituts, ni bien entendu de fédérer ou orchestrer une résistance.

Le rêve de l’abbé Barthe, puisque nous avons pris son idée, était que dans les semaines prochaines ce que nous faisons devant la nonciature de Paris soit repris par d’autres à Lisbonne, Buenos-Aires ou Londres. Pourquoi pas, après tout ? Imaginez que dans quelques mois des manifestations semblables à la nôtre se déroulent devant cinquante nonciatures. Cinquante « lettres recommandées » adressées toutes les semaines au Pape par les valises diplomatiques…


Paix liturgique : Mais croyez-vous cela possible ?

Christian Marquant : Nous avons tous nos familles, notre travail et mille occupations. Mais de 3 à 5 personnes, chaque semaine, à Rome (devant le Vicariat du Pape, par exemple), à Bruxelles, à Buenos-Aires et pourquoi pas à Moscou, à Prague ou encore à Djakarta ?


Paix liturgique : Mais pourquoi citez-vous toujours Buenos-Aires ?

Christian Marquant : Devinez  !

Puisqu’on parle d’Argentine, je vais prendre une comparaison complètement décalée, mais que certains – suivez mon regard – comprendrons parfaitement : celui des Mères de la Place de Mai (Asociación Madres de la Plaza de Mayo) qui faisaient des rondes hebdomadaires pour se faire entendre. Leur persévérance a été payante. De même, pour une tout autre cause...

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