Notre lettre 864 publiée le 24 mai 2022

SYNODALITE A TOURS
LE DIALOGUE AVEC LES FIDELES ATTACHES
A LA LITURGIE TRADITIONNELLE
NE PASSE PAS !


Du 11 mai au 2 juin, l'évêque de Tours Mgr Vincent Jordy a annoncé qu’il rencontrait ses fidèles. A l’exception de certains d’entre eux…

« A chaque rencontre, Mgr Jordy prendra la parole, durant trois quarts d'heure environ, pour parler de l'Eglise d'aujourd'hui, du diocèse et de la mission. Puis viendra un temps de questions/réponses de 3/4h également », rappelle le site du diocèse, qui détaille les sept rencontres, Tours centre donc le 11 mai, Tours sud à Saint-Jean de Montjoyeux le 12, Loches le 13 mai à Saint-Antoine, Chinon le 19 mai à Saint-Etienne, Tours-nord le 24 mai à Rochecorbon, Bourgueil le 1er juin et Amboise le 2 juin*. Mais en ¾h, il  est difficile, n’est-ce pas, de répondre à toutes les questions…


Synodalité, synodalité…


Le 11 mai, lors de la rencontre des fidèles de Tours centre, à partir de 20h en l'église Sainte-Jeanne d'Arc, aux Prébendes – une des plus grandes églises de Tours centre, un bâtiment des années 1970 flanqué d'un clocher pointu, qui peut abriter jusqu'à 1000 personnes - certains fidèles ont eu l'impression qu'ils étaient moins égaux que d'autres ,  alors qu’au même moment, le diocèse de Tours s'est résolument engagé à tourner le dos au cléricalisme, et de prendre en compte la parole des laïcs, dans le cadre du synode sur la synodalité.

Les fidèles de Saint-Pierre Ville (Chapelle de Tours ou est célébrée a liturgie traditionnelle par des prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre)  vinrent nombreux et groupés à la rencontre de leur évêque, auxquels ils avaient quelques questions à poser – par exemple pourquoi bloque-t-il mordicus depuis des mois l'arrivée d'un second prêtre de la FSSP dans le diocèse, même à mi-temps, ce qui ne serait pas de trop pour leur communauté qui s'est considérablement développé  depuis la pandémie ?

Alors que le site du diocèse de Tours est plein d'encarts sur la synodalité, censée permettre aux laïcs d’être mieux écoutés par les clercs et d’être entendus par l’Eglise, les fidèles de Saint-Pierre Ville ont pu constater qu'il faudrait encore que les clercs ne choisissent pas quels laïcs et quelles questions veulent-ils entendre…

« Les paroissiens de Saint-Pierre Ville constituaient la moitié de l’assistance, nettement plus jeune que l’autre – où les cheveux blancs dominaient, relate un fidèle qui a assisté à la réunion. Cependant, le curé de la cathédrale triait les petits papiers sur lesquels on pouvait écrire nos questions, et curieusement – du moins d’un point de vue statistique- pas un de ceux qui était mis par les fidèles de Saint-Pierre Ville n’a été tiré. L'évêque s'est contenté de répondre aux questions les plus consensuelles et celles qui intéressaient les cheveux blancs, autrement dit l'écologie, etc. »

« Et pour cause », constate un autre fidèle qui a assisté à la réunion. « Il y avait le vicaire général Raimbault, qui est très opposé aux "tradis", et celui qui triait les petits papiers, c'était François Frémin du Sartel, le curé de la cathédrale. Il est très jaloux de ce que ses paroissiens et donateurs s'en vont massivement à la chapelle ou est célébrée la liturgie traditionnelle depuis la pandémie, et que ça commence à se voir. Plutôt que de se remettre en cause, il aimerait bien supprimer la concurrence en dégageant les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre et notre paroisse du diocèse. Espérons que l'évêque n'a pas été dupe du manège de ses deux subordonnés et a pu lire tous les petits papiers, même ceux qui n'ont pas été lus »


L’art de la fugue


Un autre fidèle se souvient de la fin de la réunion, « à la fin ça a été plus flagrant encore car l’évêque a donné la bénédiction, tous ceux de Saint-Pierre Ville se sont agenouillés, les autres non. Puis la plupart des gens qui sont venus à la réunion se sont dispersés, pendant ce temps l'évêque discutait avec quelques personnes âgées. Quand il est sorti, accompagné du vicaire général, il a vu le groupe des fidèles de Saint-Pierre Ville qui les attendait devant l’entrée pour pouvoir enfin  discuter avec lui ,mais comme si nous étions des pestiférés  ils ont pris leurs jambes à leur cou et ont couru jusqu’à leur voiture pour éviter de parler avec nous , qui sommes aussi des catholiques… ».

Sur le trajet de sa fuite, il a été attrapé au vol par une famille, très sympathique au demeurant, qui l'a invité à dîner et à bénir la maison – il a accepté, mais sans prendre son agenda ni leur demander de rappeler son secrétariat – à ce moment, il donnait l'impression qu'il leur aurait cédé la cathédrale à l'euro symbolique pour couvrir sa fuite ».

Si des fidèles de Saint-Pierre Ville savent gré à leur évêque d'avoir fait cette année les confirmations des enfants de la paroisse en rite tridentin, ils remarquent que « la situation reste très incertaine. Pour les confirmations, on nous a dit que ce seront les dernières, l'arrivé d'un second prêtre, pourtant tout à fait nécessaire, est bloqué depuis des mois par le diocèse – qui attend probablement que le nôtre fasse un burnout, et le curé de la cathédrale, qui est aussi celui de Tours-centre, veut nous dégager car ses fidèles partent chez nous », constate un fidèle qui trouve que « l'attitude de certains dans le clergé, c'est vraiment la pétition des marchands de chandelles contre la compétition ruineuse d'un rival étranger qui n'est autre que le soleil ».

« Le clergé diocésain est prêt à tout plutôt que de se remettre en cause - même au ridicule – un évêque fuyant devant ses propres fidèles, nombreux et respectueux, c'est cocasse au plus haut point. Notre paroisse est vivante, la liturgie traditionnelle attire, et ça leur fait mauvaise conscience dans leurs églises qui se vident après qu'ils aient lâché deux fois les fidèles lors des confinements, alors s'ils pouvaient nous dégager ils le feraient sans état d'âme pour liquider la concurrence – le bien des fidèles semble être le dernier de leurs soucis, puisqu'ils s'arrangent même pour ne pas les entendre, tout en ne cessant de parler de bienveillance, ouverture, écoute », constate une fidèle de Saint-Pierre Ville, désabusée.

Saint Gatien, Saint-Martin, saint Brice, patron des juges, Saint Grégoire de Tours, le bienheureux Hélie de Bourdeilles, ami proche de Saint François de Paule, ou encore le cardinal Morlot ont été évêques de Tours. Aujourd'hui c’est Vincent Jordy. L’habit est peut-être trop grand.

* On remarquera cependant au passage que le Nord du diocèse de Tours, lui, n'a pas droit aux attentions de l'évêque, alors qu'il compte au moins deux localités importantes, Château-Renault et Château-la-Vallière, à 25 et 40 km de la réunion la plus proche (Rochecorbon), soit 50 et 80 km aller-retour respectivement) et que le renchérissement du coût du carburant impose aux ruraux de limiter leurs déplacements non professionnels. Mais comment l'évêque peut-il s'en rendre compte s'il n'est guère au contact de ses fidèles ? 

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