Notre lettre 1046 publiée le 28 mai 2024

MGR. DOGNIN
UN MAITRE EN COMMUNION
ECCLESIALE SOVIETIQUE


LA NOUVELLE CHRONIQUE
DE PHILIPPE DE LABRIOLLE
A PROPOS DES
EVENEMENTS DE QUIMPER



Le 23 décembre 1588, le duc de Guise, dit Henri le Balafré, était assassiné au château de Blois sur ordre du roi Henri III. Le chef de la Ligue Catholique montrait trop ouvertement son ambition de gouverner la France, en lieu et place d’un Valois jugé trop complaisant avec la religion prétendument réformée. Huit mois plus tard, accordant audience au moine Jacques Clément, alors qu’il siégeait sur sa chaise percée, le souverain mourrait sous l’arme blanche du noir religieux.

Plus près de nous, pas plus tard que dimanche dernier, le 19/05/2024, d’une lettre hiératique, Mgr Dognin, le débonnaire évêque de Quimper, chahuté sur sa droite comme sur sa gauche, s’affirmait comme le guide suprême de son diocèse. Le même jour, un autre guide suprême, iranien et mahométan, décédait dans le crash de son hélicoptère. C’est à bon escient que l’Ecriture l’affirme : « Vous ne connaissez ni le jour ni l’heure ». Ce que reprend à son compte Lumen Gentium (LG48), en rappelant le sort réservé dans l’au-delà aux serviteurs lâches et paresseux.

Pour occuper la fin occidentale de l’Hexagone, la ville de Quimper n’est pas coupée du monde, tant s’en faut. L’heure du crash sonna celle de montrer les dents, aux uns comme aux autres. Alors l’évêque décida de se saisir avec solennité, tel un Solon du Léon bigoudin. Jugez-en : « En ce jour de la Pentecôte où l’Esprit Saint est descendu sur les Apôtres pour qu’ils fondent de façon effective l’Eglise de Jésus Christ… » ; au passage, ne boudons pas notre soulagement de voir l’Ordinaire du Finistère faire commencer l’Eglise il y a deux mille ans, selon l’enseignement constant, plutôt que de céder à la mythologie d’un Vatican II, ab ecclesiae condita.

 En cette date commémorative, donc, « et face aux inquiétudes que vous manifestez par rapport à l’avenir, il me semble important de vous informer sur la suite que je souhaite donner à la fin de mission des prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre dans notre diocèse. » Bref, en cette date où l’Esprit-Saint fonda l’Eglise, j’ai décidé de me rappeler qu’à défaut d’une langue de feu, j’ai une mitre au-dessus du chef. Un jour par an, c’est la vie des fleurs… d’un cactus. Voyons cela.

Passons sur les adossements d’usage, et autres figures imposées de la tartufferie. « Pour favoriser la communion ecclésiale (…), j’ai donc décidé (bien vu, le redoublement des dentales), après avoir entendu mes conseils, de garder dans le diocèse les trois messes dominicales selon le Missel de 1962, dans le mesure où les groupes de fidèles se maintiennent ». Tout va bien, alors ? Qu’est-ce à dire ? Mgr, approuvé en cela par ses « conseils », qu’il n’a pas seulement écoutés, mais entendus, garde les trois messes traditionnelles dont il a congédié les desservants appréciés, y compris de lui-même (car il y a trop de prêtres dans son diocèse), à la condition, qu’on présume dirimante, que « les groupes de fidèles se maintiennent ». Il faut surement avoir l’âme bien sombre pour lire entre les lignes la kolossale finesse qui inspire la manœuvre. Mgr Dognin garde les messes, chasse les chapelains, et si les groupes renâclent, en boycottant l’offre, au motif qu’elle en a l’air, mais pas la chanson, le combat cessera faute de combattant, comme chez Corneille (le Cid, acte 4, scène 3).

« Plusieurs prêtres diocésains se préparent actuellement à célébrer sous cette forme pour apprendre cette manière de célébrer la messe, nouvelle pour eux ». Des diocésains dédiés, donc. Plus dental, donc déterminé, tu meurs ! L’idée n’est pas nouvelle, mais si l’exposé consterne, c’est en dévoilant l’irrationnel sous la mitre. Plusieurs clercs désœuvrés, ignorant l’essentiel de la messe millénaire, alors qu’ils ont fait six à sept ans de Séminaire, vont, sur ordre, remplacer au pied levé les confrères proscrits, à rebours des célébrations dont, jusque-là, ils étaient censés nourrir leur piété. Autant le dire clairement, tout porte à croire que la daube qui sera servie par ces ignorants fera un rata bien indigeste. Du mandat épiscopal les contraignant à contrefaire les convictions affichées, faut-il plaindre la maltraitance du contrepied imposé, ou prévoir que la dispersion des troupes leurrées et dépitées sera le généreux salaire de ce forfait ?

Qui sera le maitre d’œuvre de cette mascarade ? Le chanoine Hervé Queinnec, vicaire épiscopal. Le portail internet du diocèse le déclare déjà Chancelier du diocèse, membre du Conseil Cathédrale, vicaire judiciaire, et official du diocèse de Rennes. C’est dire la sinécure du personnage. On le présume juriste, rompu aux dossiers, mais est-ce un pasteur, et, pour tout dire, quelle est sa religion ? Le pire toutefois, est à venir, dans l’usine à gaz concoctée in vitro. In cauda venenum. Voici le coup de Jarnac :

« Les abbés Loic Courtois et Nicolas Telisson (les abbés FSSP en attente d’expulsion, pour mémoire) m’ont assuré qu’ils feront tout (sic !) pour que la transition se passe au mieux et je les en remercie, comme je vous remercie à l’avance de ce que vous pourrez faire en ce sens. » Bigre ! Les prêtres de la FSSP, qui avaient déjà choqué leurs fidèles à l’automne dernier en acceptant leur déplacement en campagne profonde, vont-ils réellement « tout faire » pour permettre à l’arnaque épiscopale d’aboutir ? Vont-ils, une nouvelle fois, fustiger l’indocilité chronique des laïcs, carrément méchants, jamais contents ?

L’évêque a pris un risque considérable en affirmant son entente avec ceux qu’il a soumis à ses palinodies. En impliquant la FSSP dans un syndrome de Stockholm, il jette le trouble chez les fidèles, et contraint la FSSP à mettre clairement son jeu sur la table. La lettre du 19 courant est le coup de menton, et le va-tout d’un évêque dépassé par les forces en présence. Désormais septuagénaire, catéchisé avant le Concile, il a de beaux restes à l’ancienne, mais, plaqués mal-à-propos, ils sont mis au service d’un mensonge. La prétendue communion à laquelle il déclare œuvrer n’amadouera pas ceux qui ont compris que sa priorité n’est pas de serrer des attardés sur son cœur, mais de ne pas perdre la face, alors qu’il a déjà perdu le Nord. Henri III aussi voulait sauver la face, et a payé fort cher le procédé retenu. Les « chers amis » de son en-tête sont une antiphrase. On ne confie par une Capulet aux Montaigu, ni une Horace aux Curiace. C’est une nuée, ça finit mal…


Dr. Philippe de Labriolle

Psychiatre Honoraire des Hôpitaux

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