Notre lettre 803 publiée le 15 juin 2021

LE CARDINAL ZEN NE COMPREND PAS POURQUOI L'ON REVIENDRAIT SUR LA PAIX ENGENDREE PAR SUMMORUM PONTIFICUM

Le cardinal Joseph Zen Ze-Kiun, lazariste, ancien évêque de Hong Kong, bien connu pour son opposition au gouvernement chinois et, du point de vue ecclésiastique, à l’Église patriotique inféodée à Pékin, s’est montré un critique virulent des accords passés entre le Saint-Siège et le gouvernement de la Chine populaire à partir de 2018.

Très favorable à la célébration de la messe traditionnelle, il avait choisi, en quittant ses fonctions d’évêque de Hong Kong, de célébrer son ultime messe pontificale dans la forme extraordinaire. À cette occasion, il avait déclaré qu’il désirait consacrer une partie de son temps de prélat émérite aux fidèles attachés à la liturgie traditionnelle de l’Église (voir notre Lettre 174). Il a tenu parole et accompagné la vie spirituelle et sacramentelle de la communauté traditionnelle de l’ex-colonie britannique, célébrant à plusieurs reprises selon le missel ancien, conférant les confirmations, tenant des conférences, assistant à l’ordination diaconale d’un de ses membres, etc.

Il avait bien voulu nous donner un entretien, publié dans notre Lettre 468 (9 décembre 2014), dans lequel il déclarait notamment : « Benoît XVI a eu parfaitement raison de dire que la messe traditionnelle n’avait jamais été abolie. Et si les fidèles la trouvent plus propice pour nourrir leur dévotion, on doit leur donner la possibilité d’en bénéficier. […] Notre foi, notre vocation, nos saints, tout vient de cette liturgie, de cette prière. » Le courageux prélat terminait son intervention en disant : « De toute évidence la messe traditionnelle restera importante dans l’avenir. Les personnes qui la désirent doivent pouvoir y assister. »

Informé des menaces qui pèsent actuellement sur le motu proprio de Benoît XVI, qui risque d’être « réinterprété » en ce qui concerne son application, le cardinal Zen est intervenu en faveur de la liberté de la messe ancienne. De son intervention a été traduite en anglais par la journaliste Diane Montagna (What is the harm in making the extraordinary form of the Roman rite accessible to all? – ??????? (hkdavc.com), et en italien sur le blog de Messa in Latino (http://blog.messainlatino.it/2021/06/news-il-cardinale-zen-difende-il.html?m=1), nous en donnons ici une version française.



La messe tridentine ne divise pas !

J'ai lu dans les journaux des nouvelles assez inquiétantes sur d'éventuelles restrictions à la célébration de la messe tridentine (ce que nous appelons maintenant la forme extraordinaire du rite romain). Je tiens à dire clairement que je ne peux pas être considéré comme une sorte d’extrémiste de cette forme liturgique : j'ai travaillé activement, en tant que prêtre et en tant qu'évêque, pour la réforme liturgique après Vatican II, essayant également de freiner les excès et les abus, ce qui malheureusement n'a pas manqué, même dans mon diocèse. Je ne peux donc pas être accusé de partialité. Mais je ne peux pas nier, en vertu de mon expérience de Hong Kong, le très bon qui est venu du motu proprio Summorum Pontificum et de la célébration de la messe tridentine. Il y a ici un groupe fidèle qui depuis des décennies a participé à cette forme de laquelle nous viennent des richesses liturgiques de notre tradition, un groupe qui n'a jamais créé de problèmes pour le diocèse et dont les participants n'ont jamais remis en cause la légitimité de la messe nouvelle. Beaucoup de jeunes sont passés par la communauté qui participe à la forme extraordinaire à Hong Kong, lesquels, à travers cette messe, ont retrouvé le sens d'adoration et de révérence que nous devons à Dieu, notre Créateur.

J'ai travaillé pour la réforme liturgique, comme je l'ai dit, mais je ne peux pas oublier la messe de mon enfance, je ne peux pas oublier le temps où, alors que j’étais enfant à Shanghai, mon père, un catholique très fervent, m'emmenait à la messe tous les jours. Le dimanche il me faisait participer à cinq messes ! J'ai ressenti un tel respect, j'ai été tellement fasciné (et je le suis toujours !) par la beauté du chant grégorien, que je pense que cette expérience a nourri ma vocation sacerdotale, comme elle l’a fait pour tant d'autres. Je me souviens des nombreux fidèles chinois (et je pense que tout le monde ne connaissait pas le latin...) participant alors avec beaucoup d'enthousiasme à ces cérémonies liturgiques, tout comme aujourd'hui, je peux en témoigner au sujet de la communauté qui participe à la messe tridentine à Hong Kong.

La messe tridentine ne divise pas, au contraire elle nous unit à nos frères et sœurs de tous âges, aux saints et martyrs de tous les temps, à ceux qui ont combattu pour leur foi et qui y ont trouvé une nourriture spirituelle inépuisable.


Blog du cardinal Zen https://oldyosef.hkdavc.com/?p=1778

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