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Chers Amis,
En ces jours de l’Octave de la Résurrection, je voudrais lancer une proposition qui paraîtra utopique à beaucoup, mais qui est extrêmement sérieuse. Je crois en effet qu’elle serait le début d’une résurrection pour notre Mère l’Église de Dieu affligée.
Vous savez tous que Dom Geoffroy Kemlin, abbé bénédictin de Solesmes, a fait une suggestion au pape, qui précédait l’invitation que ce dernier avait faite aux évêques français de réfléchir à des solutions pour guérir la blessure de la crise liturgique, invitation que j’ai tenté de décrypter dans ma dernière Lettre aux veilleurs la semaine dernière.
Il n’est pas impossible que cette proposition de Dom Kemlin soit issue de discussions entre certains prélats, supérieurs de communautés célébrant l’ancien ordo, tels les PP. Abbés de Fontgombault, de Lagrasse, de Triors, le cardinal Sarah, tous sollicités par l’éditeur du cardinal Sarah, Nicolas Diat, pour faire des propositions au Pape, le tout sous le patronage du Substitut du Secrétaire d’État, Mgr Edgar Peña Parra (
voir la Lettre de Paix liturgique 1307 du 20 novembre 2025) .
La solution de Dom Kemlin exposée dans une lettre qu’il a adressée au Pape le 12 novembre 2025 ("Un missel unique pour les deux rites" : la proposition de l'abbé de Solesmes qui relance le débat liturgique - Tribune Chrétienne) se résume en trois phrases de sa lettre : « Ce serait tout simplement d’insérer dans le Missale Romanum l’ancien Ordo Missæ (éventuellement retouché a minima pour le rendre conforme à Vatican II, notamment en l’ouvrant, pour ceux qui le souhaitent, à l’usage de la langue vernaculaire, de la concélébration et des quatre prières eucharistiques) tout en y laissant le nouvel Ordo Missæ inchangé. Les deux Ordos Missæ feraient ainsi partie de l’unique Missel romain. Au lieu de diviser et de rejeter, cette solution permettrait d’inclure et d’accueillir les fidèles attachés à l’ancien Missel, sans pour autant heurter ou éloigner ceux qui sont attachés au nouvel Ordo. »
Disons tout de suite que cette proposition entre dans une suite ininterrompue de « solutions » qui ont fleuri depuis le rejet de la réforme liturgique par un partie du monde catholique, solutions qui présentent des troisièmes voies qui, si elles voyaient le jour, ajouteraient un troisième rite, un rite hybride, à l’ancien et au nouveau.
Car le point très audacieux de la solution Kemlin – intégrer le missel ancien au cœur du missel nouveau – est immédiatement suivi d’un bémol qui annihile l’intérêt de l’intégration : l’ancien ordo serait « éventuellement retouché à minima pour le rendre conforme à Vatican II ». Et d’expliquer naïvement : ce missel « inchangé » serait ouvert à la langue vernaculaire, à la concélébration, aux quatre prières eucharistiques. Bref, on aurait un ancien missel, mais susceptibles d’options, et en conséquence un éclatement diversifié des chapelles, communautés, paroisses où l’on utilise le nouveau missel : ici le célébrant utiliserait le missel ancien mais avec la prière eucharistique II, là les prêtres de la communauté concélèbreraient, etc.
Je fais pour ma part une contre-proposition. Elle n’est à vrai dire pas nouvelle en ce sens que je l’ai déjà formulée de diverses manières, mais je le fais ici plus formellement. Il s’agirait d’intégrer le missel traditionnel – et même l’ensemble de la liturgie traditionnelle, car Dom Kemlin oublie les sacrements, l’Office divin, les bénédictions, les funérailles – non dans le missel nouveau, mais dans les paroisses célébrant habituellement le missel nouveau.
C’est d’ailleurs ce que souhaitent un nombre considérable de paroissiens des paroisses « ordinaires », comme l’ont montré les nombreux sondages organisés par Paix liturgique, et comme l’ont confirmé Stephen Bullivant et Stephen Cranney, ces sociologues qui se sont spécialisés dans l’étude des fidèles de la liturgie traditionnelle et qui ont été reçus récemment par le pape (Lettre de Paix liturgique 1344, du 18 mars 2026), par une étude publiée en 2024 : la moitié des catholiques qu’ils ont interrogés déclaraient qu'ils seraient intéressés par la participation à la messe dans le rite romain traditionnel. Ainsi, il conviendrait que, spécialement le dimanche, dans toute paroisse puisse être librement célébrée la messe traditionnelle, par décision du curé ou à la demande de paroissiens, au milieu des autres messes dominicales, à une heure convenable pour l’assistance des familles. En outre les fidèles pourraient recevoir à leur guise tous les nouveaux sacrements de la part des prêtres de la paroisse ou d’autres prêtres auxquels le curé ferait appel pour cela. Ce qui n’exclurait pas, bien entendu, que des chapelles, églises, lieux de culte divers soient exclusivement voués à la liturgie traditionnelle.
Au fond, ma solution est non seulement une contre-proposition versus le missel global de Dom Kemlim, mais aussi versus l’ordinariat du P. Louis-Marie de Blignières, par lequel il voudrait protéger la liturgie traditionnelle au sein d’une structure qu’il serait nécessaire d’intégrer pour y assister ou pour la célébrer.
Il va de soi que ma solution, qui se fonde sur la liberté de la liturgie traditionnelle vers laquelle il faut tendre, donnerait à cette liturgie pour l’instant comprimée une possibilité d’expansion sans pareille. Utopie ? Non, mais acte d’espérance. Le Seigneur ressuscité, qui a vaincu la mort et est sorti triomphant du tombeau, ne peut qu’assurer, de cette manière ou d’une autre que voudra sa mystérieuse Providence, la renaissance de son Église, de sa doctrine immuable et de sa liturgie sainte.
Et les veilleurs parisiens partagent mon espérance, eux qui prient sans faiblir pour la liberté de la liturgie traditionnelle en récitant le chapelet, 10 rue du Cloître-Notre-Dame, du lundi au vendredi, de 13h à 13h 30, à Saint-Georges de La Villette, 114 avenue Simon Bolivar, dans le XIXe, le mercredi et le vendredi à 17h, devant Notre-Dame du Travail, dans le XIVe, le dimanche à 18h 15, à Sainte-Clotilde, dans le VIIe, le lundi à 12h 45.
En union de prière et d’amitié.
Christian Marquant
PROPOSAL OF THE ABBOT OF SOLESMES:
INTEGRATE THE TRADITIONAL MASS INTO THE NEW MISSAL
OUR COUNTERPROPOSAL:
TO INTEGRATE THE TRADITIONAL MASS INTO THE PARISHES
237th WEEK: THE SENTINELS CONTINUE THEIR PRAYERS
FOR THE DEFENSE OF THE TRADITIONAL MASS
IN FRONT OF THE ARCHDIOCESE OF PARIS

In these days of the Octave of the Resurrection, I would like to present a proposal that many will consider utopian, but which is actually extremely serious. I believe, in fact, that it would be the beginning of a resurrection for our afflicted Mother, the Church of God.
Everyone knows that Dom Geoffroy Kemlin, Benedictine Abbot of Solesmes, made a suggestion to the Pope, which preceded the latter's invitation to the French bishops to reflect upon solutions which might allow to heal the wound of the liturgical crisis—an invitation I attempted to decipher in my last Letter to the Sentinels last week.
It is possible that Dom Kemlin's proposal arose from conversations between certain prelates, superiors of communities celebrating the Vetus Ordo, such as the abbots of Fontgombault, Lagrasse, and Triors, and Cardinal Sarah, all having been asked the Cardinal’s editor, Nicolas Diat, to submit proposals to the Pope, under the patronage of the Substitute for General Affairs of the Secretariat of State, Archbishop Edgar Peña Parra (
see Letter from Paix Liturgique No. 1307 of November 20, 2025).
Dom Kemlin's solution, outlined in a letter to the Pope on November 12, 2025 "Un missel unique pour les deux rites" : la proposition de l'abbé de Solesmes qui relance le débat liturgique - Tribune Chrétienne), can be summarized in these three sentences that we find therein: "It would simply consist of inserting the old Ordo Missae into the Missale Romanum (possibly revised minimally to adapt it to the Second Vatican Council, in particular allowing, for those who so wish, the use of the vernacular, concelebration, and the four Eucharistic Prayers), leaving the new Ordo Missae unchanged. Both Ordines Missae would thus form part of the single Roman Missal. Instead of dividing and rejecting, this solution would allow for the inclusion and acceptance of the faithful attached to the old Missal, without offending or alienating those who are attached to the new Ordo." It should be noted from the outset that this proposal is part of an ongoing series of "solutions" that have emerged following the rejection of liturgical reform by a sector of the Catholic world. These solutions present alternatives that, if implemented, would add a third rite, a hybrid rite, to the old and the new.
Now, the boldest point of Kemlin's solution—integrating the old missal within the new missal—is immediately followed by a caveat that in fact nullifies the value of this integration: the old rite would be "minimally revised to adapt it to the Second Vatican Council." And, somewhat naively, the explanation is as follows: this "unchanged" missal would be open to the vernacular, to concelebration, and to the four Eucharistic Prayers. In short, we would have an old missal, but with options, and consequently, an explosion of diversified practices in different chapels, communities, and parishes where the new missal is used: here the celebrant would use the old missal with the Eucharistic Prayer II, there the priests of the community would concelebrate, and so forth.
For my part, I would present a counterproposal. It is not actually new, since I have formulated it in various ways, but I formalize it here. It would consist of integrating the traditional missal—and actually the entire traditional liturgy, since Dom Kemlin omits the sacraments, the Divine Office, blessings, and funerals—not into the new missal, but into the parishes where Mass is usually celebrated according to the new missal.
This is, in fact, what a considerable number of parishioners in "ordinary" parishes desire, as demonstrated by numerous surveys conducted by Paix Liturgique, also confirmed by Stephen Bullivant and Stephen Cranney, sociologists specializing in the study of the faithful of the traditional liturgy, who were recently received by the Pope (Letter Paix Liturgique 1344, March 18, 2026). In a study published in 2024, half of the Catholics interviewed expressed their interest in being able to attend Mass according to the traditional Roman rite.
Therefore, it would be appropriate for the traditional Mass to be celebrated freely in each parish, especially on Sundays, either by decision of the parish priest or at the request of the parishioners, together with the other Sunday Masses, but at a time which might prove convenient for families. Furthermore, the faithful would be able to receive all the other sacraments according to their wishes from the parish priests or other priests whom the parish priest might invite for that purpose. Of course, this would not prevent the existence of chapels, churches, and various places of worship dedicated exclusively to the traditional liturgy.
In short, my solution is not only a counterproposal to Dom Kemlim's Universal Missal, but also to the ordinariate of Father Louis-Marie de Blignières, through which he seeks to protect the traditional liturgy within a structure that one would have to join in order to attend or celebrate it.
Needless to say, my solution, based on the freedom of the traditional liturgy to which we must aspire, would offer this currently confined liturgy an unprecedented opportunity for expansion. A utopia? No, rather an act of hope. The risen Lord, who conquered death and rose triumphantly from the tomb, cannot but ensure, according to the will of his mysterious Providence, that his Church may rise again, along with its immutable doctrine, and its holy liturgy.
And the Parisian sentinels share my hope, and that is why they tirelessly pray their rosaries for the freedom of the traditional liturgy, at 10 rue du Cloître-Notre-Dame, Monday to Friday, from 1:00 to 1:30 p.m., at Saint-Georges de La Villette, 114 avenue Simon Bolivar, on Wednesdays and Fridays at 5:00 p.m., in front of Notre-Dame du Travail, on Sundays at 6:15 p.m.
PROPOSTA DELL'ABATO DI SOLESMES:
INTEGRARE LA MESSA TRADIZIONALE NEL NUOVO MESSALE
LA NOSTRA CONTROPROPOSTA:
INTEGRARE LA MESSA TRADIZIONALE NELLE PARROCCHIE
237ª SETTIMANA: LE SENTINELLE CONTINUANO LA LORO PREGHIERA
PER LA DIFESA DELLA MESSA TRADIZIONALE
DAVANTI ALL'ARCIDIOCESI DI PARIGI

In questi giorni dell'Ottava della Resurrezione, vorrei presentare una proposta che molti considereranno utopica, ma che è estremamente seria. Credo, infatti, che sarebbe l'inizio di una resurrezione per la nostra Madre afflitta, la Chiesa di Dio.
Tutti sanno che Dom Geoffroy Kemlin, abate benedettino di Solesmes, ha avanzato una proposta al Papa, poco prima del suo invito ai vescovi francesi a riflettere su soluzioni per sanare la ferita della crisi liturgica – un invito che ho cercato di decifrare nella mia ultima Lettera alle Sentinelle della scorsa settimana.
È possibile che la proposta di Dom Kemlin sia scaturita da conversazioni tra alcuni prelati, superiori di comunità che celebrano il Vetus Ordo, come gli abati di Fontgombault, Lagrasse e Triors, e il cardinale Sarah, a tutti essendo stato chiesto dall’editore del Cardinale, Nicolas Diat, che presentassero delle proposte al Papa, e il tutto sotto il patrocinio del Sostituto per gli Affari Generali della Segretaria di Stato, l'arcivescovo Edgar Peña Parra (
cfr. Lettera della Paix Liturgique n. 1307 del 20 novembre 2025).
La soluzione di Dom Kemlin, delineata in una lettera al Papa con data del 12 novembre 2025 ("Un missel unique pour les deux rites" : la proposition de l'abbé de Solesmes qui relance le débat liturgique - Tribune Chrétienne), si può riassumere in tre frasi: "Consisterebbe semplicemente nell'inserire il vecchio Ordo Missae nel Missale Romanum (eventualmente rivisto minimamente per adattarlo al Concilio Vaticano II, consentendo in particolare, per chi lo desidera, l'uso della lingua volgare, la concelebrazione e le quattro Preghiere Eucaristiche), lasciando inalterato il nuovo Ordo Missae. Entrambi gli Ordines Missae andrebbero così a far parte dell'unico Messale Romano. Invece di dividere e rigettare, questa soluzione permetterebbe l'inclusione e l'accettazione dei fedeli legati al vecchio Messale, senza offendere o alienare coloro che aderiscono al nuovo Ordo." Va precisato fin da subito che questa proposta si inserisce in una serie di "soluzioni" emerse in seguito al rifiuto della riforma liturgica da parte di un settore del mondo cattolico. Tali soluzioni presentano però delle alternative che, se attuate, aggiungerebbero un terzo rito al vecchio e al nuovo, un rito ibrido.
Ora, il punto più audace della soluzione di Kemlin – l'integrazione del vecchio messale nel nuovo – è immediatamente seguito da una precisazione che ne annulla il valore: il vecchio rito verrebbe "minimamente rivisto per adattarlo al Concilio Vaticano II". E, in modo alquanto ingenuo, la spiegazione è la seguente: questo messale "invariato" sarebbe aperto alla lingua vernacola, alla concelebrazione e alle quattro Preghiere Eucaristiche. In breve, avremmo un vecchio messale, ma con delle opzioni, e di conseguenza, un’esplosione di ramificazioni con diverse pratiche a seconda delle diverse cappelle, comunità e parrocchie in cui si usa il nuovo messale: qui il celebrante userebbe il vecchio messale con la Preghiera Eucaristica II, lì i sacerdoti della comunità concelebrerebbero, e così via.
Da parte mia, presenterei una controproposta. Non è in realtà nuova, dato che l'ho già formulata in vari modi, ma la formalizzo qui. Consisterebbe nell'integrare il messale tradizionale – e persino l'intera liturgia tradizionale, poiché Dom Kemlin omette i sacramenti, l'Ufficio Divino, le benedizioni e i funerali – non nel nuovo messale, ma nelle parrocchie in cui la Messa viene solitamente celebrata secondo il nuovo messale.
Questo è, infatti, ciò che desidera un numero considerevole dei fedeli nelle parrocchie "ordinarie", come dimostrano numerose indagini condotte da Paix Liturgique e come confermato da Stephen Bullivant e Stephen Cranney, sociologi specializzati nello studio dei fedeli della liturgia tradizionale, recentemente ricevuti dal Papa (Lettera Paix Liturgique 1344, 18 marzo 2026). In uno studio pubblicato nel 2024, metà dei cattolici intervistati ha espresso il proprio interesse a partecipare alla Messa secondo il rito romano tradizionale.
Sarebbe quindi opportuno che la Messa tradizionale fosse celebrata liberamente in ogni parrocchia, specialmente la domenica, per decisione del parroco o su richiesta dei fedeli, tra le altre Messe domenicali, in un orario adatto per le famiglie. Inoltre, i fedeli potrebbero ricevere tutti gli altri sacramenti secondo le proprie preferenze dal parroco o da altri sacerdoti che il parroco chiamasse a tale scopo. Naturalmente, ciò non impedirebbe che cappelle, chiese e vari luoghi di culto continuassero a essere dedicati esclusivamente alla liturgia tradizionale.
In breve, la mia soluzione non è solo una controproposta al Messale Universale di Dom Kemlim, ma anche all'ordinariato di Padre Louis-Marie de Blignières, attraverso il quale egli cerca di proteggere la liturgia tradizionale all'interno di una struttura alla quale si dovrebbe aderire per poterla frequentare o celebrare.
Inutile dire che la mia soluzione, fondata sulla libertà della liturgia tradizionale a cui dobbiamo aspirare, offrirebbe a questa liturgia attualmente confinata un'opportunità di espansione senza precedenti. Un'utopia? No, piuttosto un atto di speranza. Il Signore risorto, che ha vinto la morte ed è sorto trionfalmente dal sepolcro, non può che assicurare, secondo la volontà della sua misteriosa Provvidenza, il risorgere della sua Chiesa, della sua immutabile dottrina e della sua santa liturgia.
E le sentinelle parigine condividono la mia speranza, ed è per questo che pregano instancabilmente il rosario per la libertà della liturgia tradizionale, al 10 di rue du Cloître-Notre-Dame, dal lunedì al venerdì, dalle 13:00 alle 13:30, a Saint-Georges de La Villette, al 114 di avenue Simon Bolivar, il mercoledì e il venerdì alle 17:00, davanti a Notre-Dame du Travail, la domenica alle 18:15.
PROPUESTA DEL ABAD DE SOLESMES:
INTEGRAR LA MISA TRADICIONAL EN EL NUEVO MISAL
NUESTRA CONTRAPROPUESTA:
INTEGRAR LA MISA TRADICIONAL EN LAS PARROQUIAS
SEMANA 237: LOS CENTINELAS CONTINÚAN SUS ORACIONES
EN DEFENSA DE LA MISA TRADICIONAL
DELANTE DE LA ARCHIDIÓCESIS DE PARÍS

En estos días de la Octava de la Resurrección, quisiera presentar una propuesta que a muchos les parecerá utópica, pero que es sumamente seria. Creo, de hecho, que sería el comienzo de una resurrección para nuestra afligida Madre, la Iglesia de Dios.
Todos saben que Dom Geoffroy Kemlin, abad benedictino de Solesmes, hizo una sugerencia al Papa, que precedió la invitación de este último a los obispos franceses para reflexionar sobre soluciones para sanar la herida de la crisis litúrgica, invitación que intenté descifrar en mi último Correo a los Centinelas la semana pasada.
Es posible que la propuesta de Dom Kemlin surgiera de conversaciones entre ciertos prelados, superiores de comunidades que celebran el Vetus ordo missae, como los abades de Fontgombault, Lagrasse y Triors, y el cardenal Sarah, a quienes el editor del cardenal Sarah, Nicolas Diat, les solicitó que presentaran propuestas al Papa, todo ello bajo el patrocinio del Sustituto del Secretario de Estado, el arzobispo Edgar Peña Parra (
véase el Correo de Paix Liturgique n.º 1307 del 20 de noviembre de 2025).
La solución de Dom Kemlin, expuesta en una carta dirigida al Papa el 12 de noviembre de 2025 (
https://www.infocatolica.com/?t=noticia&cod=54703), se resume en tres frases de su carta: «
Consistiría simplemente en insertar en el Missale Romanum el antiguo Ordo Missae (en su caso retocado a minima para hacerlo conforme al Concilio Vaticano II, en particular abriéndolo, para quienes lo deseen, al uso de la lengua vernácula, a la concelebración y a las cuatro plegarias eucarísticas), dejando al mismo tiempo el nuevo Ordo Missae sin cambios. Los dos Ordos Missae formarían así parte del único Misal Romano. En lugar de dividir y rechazar, esta solución permitiría incluir y acoger a los fieles apegados al antiguo Misal, sin por ello ofender o alejar a quienes están apegados al nuevo Ordo». Cabe señalar de entrada que esta propuesta se inscribe en una serie ininterrumpida de «
soluciones» surgidas tras el rechazo de la reforma litúrgica por parte de un sector del mundo católico. Estas soluciones presentan alternativas que, de implementarse, añadirían un tercer rito, un rito híbrido, al antiguo y al nuevo.
Pues bien, el punto más audaz de la solución de Kemlin —integrar el antiguo misal en el seno del nuevo misal— viene seguido de inmediato por una salvedad que anula el valor de dicha integración: el antiguo rito se «revisaría mínimamente para adaptarlo al Concilio Vaticano II». Y, con cierta ingenuidad, la explicación es la siguiente: este misal «sin cambios» estaría abierto a la lengua vernácula, a la concelebración y a las cuatro plegarias eucarísticas. En resumen, tendríamos un misal antiguo, pero con opciones, y, por consiguiente, una explosión de ramificaciones diversificadas de capillas, comunidades y parroquias donde se utilice el nuevo misal: aquí el celebrante usaría el misal antiguo con la Plegaria Eucarística II, allí los sacerdotes de la comunidad concelebrarían, y así sucesivamente.
Por mi parte, presento una contrapropuesta. En realidad no es nueva, ya que la he formulado de diversas maneras, pero la formalizo aquí. Consistiría en integrar el misal tradicional —e incluso toda la liturgia tradicional, puesto que Dom Kemlin omite los sacramentos, el Oficio Divino, las bendiciones y los funerales— no en el nuevo misal, sino en las parroquias donde habitualmente se celebra según el nuevo misal.
Esto es, de hecho, lo que desea un número considerable de feligreses en parroquias «ordinarias», como lo demuestran las numerosas encuestas realizadas por Paix Liturgique, y como lo confirman Stephen Bullivant y Stephen Cranney, sociólogos especializados en el estudio de los fieles de la liturgia tradicional, recibidos recientemente por el Papa (Correo Paix Liturgique 1344, del 18 de marzo de 2026), en un estudio publicado en 2024: la mitad de los católicos entrevistados manifestaron su interés en participar en la Misa según el rito romano tradicional. Por lo tanto, sería conveniente que, en especial los domingos, la Misa tradicional se celebrara libremente en cada parroquia, ya sea por decisión del párroco o a petición de los feligreses, entre las demás Misas dominicales, en un horario que resulte conveniente para las familias. Además, los fieles podrían recibir todos los demás sacramentos según su deseo de manos de los párrocos o de otros sacerdotes a quienes el párroco convocara para tal fin. Por supuesto, esto no impediría que capillas, iglesias y diversos lugares de culto se dedicaran exclusivamente a la liturgia tradicional.
En definitiva, mi solución no solo constituye una contrapropuesta al misal universal de Dom Kemlim, sino también al ordinariato del padre Louis-Marie de Blignières, a través del cual busca proteger la liturgia tradicional dentro de una estructura a la que habría que unirse para asistir o celebrarla.
Huelga decir que mi solución, basada en la libertad de la liturgia tradicional a la que debemos aspirar, brindaría a esta liturgia, actualmente restringida, una oportunidad sin precedentes para su expansión. ¿Una utopía? No, más bien un acto de esperanza. El Señor resucitado, que venció a la muerte y resurgió triunfante de la tumba, no puede sino asegurar, según la voluntad de su misteriosa Providencia, el renacimiento de su Iglesia, su doctrina inmutable y su santa liturgia.
Y los centinelas parisinos comparten mi esperanza, y por eso rezan incansablemente sus rosarios por la libertad de la liturgia tradicional, en 10 rue du Cloître-Notre-Dame, de lunes a viernes, de 13:00 a 13:30, en Saint-Georges de La Villette, 114 avenue Simon Bolivar, los miércoles y viernes a las 17:00, frente a Notre-Dame du Travail, los domingos a las 18:15.