Notre lettre 733 publiée le 11 février 2020

QUE SONT LES " VOYAGES MISSIONNAIRES " DE PAIX LITURGIQUE ?

Depuis plus d’une année, Oremus-Paix liturgique entreprend vers toutes les régions du monde des « Voyages missionnaires d’exploration et de soutien ». Plusieurs d’entre vous nous ont interrogés pour savoir, avec davantage de précisions, ce que sont ces activités qui prennent de l’ampleur chez Oremus. Nous avons demandé à Christian Marquant de nous en dire plus.


Paix Liturgique ­- Comment est née chez-vous cette idée de voyages missionnaires ?

Christian Marquant – Vous savez que depuis deux ans – nous en avons parlé dans notre lettre précédente – nous publions un bilan universel du développement de la liturgie traditionnelle. Pour réaliser ce travail il nous a fallu collecter des informations, qui étaient souvent indisponibles. D’où la difficulté de ce exercice.


Paix Liturgique ­- N’est-ce pas pour cette raison que personne ne s’y était risqué ?

Christian Marquant – C’est bien possible, pour cette raison et pour quelques autres…  En effet, avant notre première tentative de bilan, à la fin de l’année 2018, personne n’avait tenté de fournir un bilan aussi complet que possible.


Paix Liturgique ­- Pourquoi ?

Christian Marquant – La principale raison est, en quelque sorte, que chacun voit midi à sa porte. Ceux qui agissent pour vivifier et développer la liturgie traditionnelle sont déjà entièrement engagés dans leur mission qui accapare toute leur énergie. Aussi – c’est bien compréhensible – n’ont-ils pas le temps de s’occuper, en sus de leur travail, de celui réalisé par les autres. Ainsi la Fraternité Saint-Pierre ou la Fraternité Saint Pie-X fournissent-elles d’excellents éléments relatifs à leurs apostolats de par le monde, mais pas d’informations générales.


Paix Liturgique ­- Mais n’y a-t-il pas d’organisme qui publie des statistiques en matières religieuses ?

Christian Marquant – Il existe un service des statistiques de l’Eglise catholique qui publie régulièrement une foule d’informations concernant la vie de l’Eglise, le nombre des prêtres, qui donne des renseignements sur tous les diocèses et sur tous les fidèles. Mais ce service des statistiques ne s’intéresse pas au cas, considéré par ses responsables comme marginal, du monde traditionnel.


Paix Liturgique ­- Faut-il y voir une position » politique » ?

Christian Marquant – Sans doute, car pour encore beaucoup de pasteurs il est préférable d’ignorer, voire de nier, notre existence, laquelle remet en cause leurs catastrophiques innovations. Pour cela ils pratiquent souvent à notre égard une véritable attitude négationniste : il est encore courant de les entendre affirmer que nous n’existons tout simplement pas… L’on comprend alors qu’ils n’aient pas le souci de se convaincre du contraire, en effectuant des recherches et en publiant des informations sur notre existence et notre développement sur les 5 continents.


Paix Liturgique ­- Mais n’aurait-ce pas été à la Commission Ecclesia dei de tenter ce travail ?

Christian Marquant – Elle ne l’a pas fait.


Paix Liturgique ­- Vous vous êtes donc lancés dans cette aventure…

Christian Marquant – Oui, et tout de suite nous avons constaté que dans de très nombreux cas il n’y avait pas de renseignements disponibles et qu’il était très difficile de les obtenir par les moyens traditionnels. Du coup, nous avons lancé l’an dernier nos premiers voyages d’exploration.


Paix Liturgique ­- Des « voyages d’exploration », dites-vous ?

Christian Marquant – En effet, car lors de nos premiers déplacements l’objectif était surtout de nous rendre compte des réalités locales des pays sur lesquels nous n’avions pas d’informations fiables et vérifiées, donc d’explorer… Mais très vite ces voyages ont pris une autre dimension, celles de « voyages missionnaires ».


Paix Liturgique ­- Pourquoi ?

Christian Marquant – Tout simplement parce que nous avons découvert dans les régions visitées, qu’existaient des communautés de fidèles isolés, démunis, très motivés pourtant, mais perdus, sans expérience, sans prêtres maitrisant correctement la liturgie traditionnelle. Ces communautés se trouvent dans une sorte de « situation japonaise », en quelque manière semblable à celle des catholiques japonais qui, en raison des persécutions, vécurent longtemps sans prêtres. Ici, il s’agit de l’absence de prêtres célébrant la messe traditionnelle. C’est ainsi que nos voyages d’exploration sont devenus des voyages missionnaires : l’une des finalités est désormais d’aider ces fidèles isolées et à leur fournir le matériel nécessaire etc.


Paix Liturgique ­- Pouvez-vous nous donner un exemple de ces voyages missionnaires ?

Christian Marquant – L’un des premiers déplacements qui prit cette orientation fut le déplacement effectué par notre collaborateur João Silveira en Janvier 2019, en Angola, que nous présenterons plus en détails dans une de nos prochaines lettres.


Paix Liturgique ­- Mais comment expliquez-vous votre choix de vous rendre vers telle ou telle région ?

Christian Marquant – Si nous décidons d’entreprendre un voyage vers un pays pour lequel nous n’avons pas d’informations précises, cela ne veut pas dire que nous n’avons aucune information, car aujourd’hui, grâce à Internet et aux réseaux sociaux, le monde est un village, comme on dit. C’est ainsi que, depuis des années, nous sommes « connectés » avec des personnes vivant sur toutes les régions de la planète.


Paix Liturgique ­- Mais ensuite ?

Christian Marquant – Nous optons en priorité pour les pays les plus défavorisés du point de vue de la liturgie traditionnelle. C’est notre application à nous de l’« option préférentielle pour les pauvres ».


Paix Liturgique ­- Et il y a beaucoup de pauvres ?

Christian Marquant – Dans le bilan 2019 du développement de la liturgie traditionnelle nous avons indiqué que celle-ci était présente dans 88 pays. Ce qui signifie que dans un nombre au moins équivalent celle-ci n’existe pas. La moisson est abondante…


Paix Liturgique ­- Mais comment peut-il exister des groupes de fidèles sans prêtre qui s’intéressent à la liturgie traditionnelle, dans ces contrées plutôt exotiques ?

Christian Marquant – Certains de ces fidèles ont pu venir en Occident et connaitre ainsi la liturgie antique, très vivante dans nos pays. D’autres – souvent des séminaristes ou des prêtres - y ont des amis avec lesquels ils parlent de cela. Mais les plus nombreux de ceux qui nous contactent ont fait la connaissance de la liturgie traditionnelle via les sites et les blogs s’intéressant à cette thématique sur Internet.


Paix Liturgique ­- Leur nombre est-il important ?

Christian Marquant – Il est considérable, et ils sont presque partout, même dans les pays les plus isolées de la planète ! Et puis, lorsque nous aurons répondu à tous les appels qui nous arrivent, nous aurons encore à partir vers des pays sans messe traditionnelle, et où, en outre, nous n’avons encore aucun contact.


Paix Liturgique ­– C’est encore plus intéressant. Avez-vous déjà réalisé ce genre d’expériences ?

Christian Marquant – Au moins une fois, lorsque nous avons organisé à l’aveugle un voyage au Mozambique, à l’occasion du voyage du pape dans ce pays en septembre 2019, alors que nous n’avions pas de contact dans ce pays.


Paix Liturgique ­- Et alors ?

Christian Marquant – Et bien grâce à son zèle et à son talent notre ami João Silveira il a réussi en quelques jours en fréquentant des églises, des séminaires et des communautés religieuses à trouver plusieurs personnes qui se sont avérées sensibles au sujet de la liturgie traditionnelle et qui aujourd’hui sont en train de se préparer à la faire célébrer chez eux. Car dès qu’il existe des catholiques, certains d’entre eux, fidèles ou prêtres, sont tout disposés à connaître et pratiquer la belle et antique liturgie romaine.


Paix Liturgique ­- Avez-vous une idée sur vos prochains voyages missionnaires ?

Christian Marquant – Notre projet et d’en réaliser une dizaine par an. Nous avons pour le moment divers projets vers l’Asie et le Pacifique, mais surtout vers l’Afrique, continent où le catholicisme romain implanté par les missionnaires s’avère très bien disposé à retrouver ses origines, par son profond sens du sacré. Ce sera notre priorité principale pour les prochaines années.


Paix Liturgique ­– Comment aidez-vous ces groupes que vous suscitez ?

Christian Marquant – Ces groupes, qui doivent trouver des prêtres, sont en outre, c’est fréquent dans des pays pauvres, démunis de tout de ce qui est indispensable. Aussi essayons-nous de leur donner les moyens de mettre en place des célébrations non seulement par un apprentissage de la liturgie – pour cela il existe de bons auxiliaires sur internet – mais aussi en leur procurant les missels et ornements qui leur manquent…

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