Notre lettre 688 publiée le 28 mars 2019

ENQUÊTES SUR LES CÉLÉBRATIONS TRADITIONNELLES




Nous avons demandé à Jacques Bouvron un fin connaisseur des terroirs de l’Ouest, et qui avait déjà publié pour Breizh info une carte des célébrations en Bretagne que nous avions publiée (voir notre lettre 573) de nous présenter une synthèse des célébrations de la messe traditionnelle sur un vaste Val de Loire.


Paix liturgique – Pouvez-vous nous précisez le périmètre de votre enquête ?

Jacques Bouvron – Je n’ai pas voulu suivre des limites administratives strictes mais survoler tous les terroirs situés dans le proche ouest de la Bretagne comme la Mayenne et ceux du Val de Loire jusqu’à Orléans, comme l’indique bien la carte jointe à cette entretien.


Paix liturgique – Quelle sont vos remarques essentielles ?

Jacques Bouvron – Un territoire bien maillé, puisque rares dans ces régions sont les zones où il n’est pas possible de vivre sa foi au rythme de la messe traditionnelle, en notant particulièrement que pour parvenir à ce résultat il a fallu prendre en compte des célébrations d’une grande diversité.


Paix liturgique – C’est-à-dire ?

Jacques Bouvron – Lorsque l’on s’intéresse au sujet des célébrations de la messe traditionnelle « de loin » l’on s’en tient en général aux célébrations assurées par les trois grandes composantes du monde traditionnelle c’est-à-dire les célébrations de la Fraternité Saint Pie X, celles des communautés dites encore Ecclesia Dei et celles prises en charge par les diocèses. Mais lorsque l’on étudie, comme je l’ai fait ici, à la loupe, un terroir particulier, l’on constate que la réalité du terrain est beaucoup plus large et complexe…


Paix liturgique – Pouvez-vous préciser ?

Jacques Bouvron – Cela veut dire qu’a côté des grands courants que je viens d’évoquer, sur le terrain la nature ayant horreur du vide l’on voit apparaitre et se multiplier des célébrations appartenant à ce que l’on appelle désormais « La Résistance » et des chapelles « sédévacantistes » et de l’autre côté des célébrations assurées désormais par des communautés bi-formalistes comme la Fraternité Saint-Thomas Becket.


Paix liturgique – Pouvez-vous dresser un panorama de cette diversité ?

Jacques Bouvron – Commençons par La spécificité régionale que constitue la Fraternité Saint-Vincent Ferrier, qui a sa maison-mère à Chémeré-le-Roi en Mayenne et qui célèbre désormais dans plusieurs chapelles de ce département à la Roë (la Selle-Craonnaise en hiver) et à Laval.


Paix liturgique – Et la Fraternité Saint-Pierre…

Jacques Bouvron – La Fraternité Saint-Pierre a une présence plus étendue car elle assure des célébrations en Sarthe au Mans et à Bouloire, à Tours (Saint-Pierre Ville) et dans le Berry où elle dessert tous les 15 jours à Châteauroux et Bourges.


Paix liturgique – Quid du Christ-Roi ?

Jacques Bouvron – l’Institut du Christ-Roi n’est présent que dans le Loiret, avec deux dessertes dominicales (Conflans, Saint-Martin d’Abbat) et une église affectée à Orléans (Notre-Dame de Recouvrance), où depuis 2008 elle constitue une quasi paroisse avec des messes en semaine et le catéchisme.


Paix liturgique – Et l’IBP ?

Jacques Bouvron – L’Institut du Bon Pasteur n’est présent qu’à Montmirail, à l’est de la Sarthe.


Paix liturgique – Revenons maintenant sur les célébrations de la Fraternité Saint-Pie X

Jacques Bouvron – Sur le territoire du Val de Loire, c’est la FSSPX qui est la plus présente grâce au maillage de ses communautés amies, avec au moins un lieu de culte dans chaque département et même plusieurs dans le Berry - spécialement dans l’Indre avec le lycée de la Martinerie, les sœurs de la FSSPX et les sœurs de la Transfiguration de Mérigny.


Paix liturgique – Pouvez-vous évoquez maintenant les célébrations diocésaines ?

Jacques Bouvron – Elles sont peu nombreuses. Il y en a une en Touraine, à l’Ile-Bouchard, sur le lieu du pèlerinage, une à Angers et le reste en Sarthe - dont une du diocèse des Armées au Prytanée.


Paix liturgique – Vous avez présenté le cas de la Fraternité Saint Thomas Beckett…

Jacques Bouvron – La Fraternité Saint-Thomas Beckett complète le dispositif avec les dessertes de Saumur (49) et de Notre-Dame des Grouets à Blois (41)


Paix liturgique – Vous évoquiez « La Résistance » ?

Jacques Bouvron – « La Résistance », qui s’est détachée de la FSSPX, est présente par deux grands centres : Jeu-les-Bois dans l’Indre et le monastère de la Haye-aux-Bonshommes à Avrillé dans l’agglomération angevine. Cependant, les sœurs d’Avrillé sont restées fidèles à la FSSPX et sont rattachées au prieuré de Gastines.


Paix liturgique – Et les sédévacantistes ?

Jacques Bouvron – Les sédévacantistes ne sont présents qu’en Touraine, avec l’ex-communauté de l’abbé Barbara à Tours, desservie par un abbé de Rennes et un petit noyau au sud (Varennes) dont le desservant va aussi à Rennes et a créé une chapelle au nord-est de l’Ille-et-Vilaine, entre Dol et le Mont saint Michel, mais n’a pas de lien avec Tours.


LES REFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE


1 – Le panorama des chapelles où est célébrée la messe traditionnelle, souvent dans des villes mais aussi fréquemment dans de petites agglomérations, démontre l’existence d’une demande importante des fidèles dans toutes les régions de France même en zone rurale ou périurbaine (Avrillé).


2 – Nous devons cependant noter le faible nombre de chapelles animées par des prêtres diocésains et le petit nombre d’autorisations accordées aux instituts Ecclesia Dei (l’IBP n’est présent qu’une fois, le Christ-Roi est circonscrit au Loiret, la Fraternité Saint-Pierre, la plus présente, ne fait pas l’objet d’une grande générosité de la part des pasteurs locaux) pour le plus grand profit de la Fraternité Saint Pie X.


3 – La remarque précédente démontre que la nature ayant horreur du vide et la demande des fidèles étant bien là, naturellement les communautés plus indépendantes comme la Fraternité Saint-Pie X et ses communautés amies se taillent la part du Lion.


4 – Notons l’émergence de « la Résistance » qui, à peine née, commence à se développer ainsi que l’existence des sédévacantistes qui profitent de l’absence de générosité pastorale. Du coup, il y a trois messes traditionnelles à Tours et quatre au moins dans l’agglomération d’Angers. On peut le voir comme un éclatement en chapelles distinctes, ou au contraire comme la floraison d’une tradition plurielle.


5 – Enfin, notons le développement de la Fraternité Saint-Thomas Beckett qui indique assez clairement que le jour où les autres communautés proches du monde traditionnel (comme la communauté Saint-Jean ou la communauté Saint-Martin) accepteront volontiers de dire la messe selon le rite antiquior, le nombre des messes traditionnelles célébrées pour les fidèles pourrait exploser.


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