Notre lettre 640 publiée le 17 avril 2018

À Rome, la jeunesse prie pour les vocations

Alors que l'on se dirige à Rome vers le Synode des Jeunes (voir notre lettre 638), un groupe de jeunes étudiants des universités pontificales romaines organise depuis 2017 une messe mensuelle pour les vocations, célébrée selon la forme extraordinaire du rite romain.

I – Prier, rassembler, animer

C'est un étudiant de l'université pontificale Saint Thomas d'Aquin, l'Angelicum, avec ses prestigieuses facultés de philosophie et de théologie dirige par les dominicains, qui est à l'origine de la célébration, depuis la fin de l'année universitaire 2016-2017, d'une messe mensuelle pour les vocations.

Grand clerc à la Trinité des Pèlerins, la paroisse personnelle érigée sur les bords du Tibre en 2008 sur volonté du pape Benoît XVI pour les fidèles désireux de vivre leur foi au rythme de la forme extraordinaire du rite romain, Jacob Stein a eu l'idée de réunir tous les mois quelques autres étudiants autour de la célébration de la messe traditionnelle. Baptisé “Tridentini” (Tridentins), ce groupe a pour aumônier l'abbé Raffray, prêtre de l'Institut du Bon Pasteur et enseignant à l'Angelicum.

Pour Jacob, natif du Nebraska, la rencontre avec la messe traditionnelle s'est faite à l'époque où il désirait entrer au séminaire de son diocèse, alors que Benoît XVI venait de promulguer le motu proprio Summorum Pontificum. Lors de sa première messe, Jacob a « immédiatement » compris que sa relation personnelle avec le Christ méritait d'être encore approfondie : « Pour la première fois, à travers les rituels de la messe, je voyais le prêtre agissant pleinement in Persona Christi et j'ai pu alors percevoir pleinement Christ comme Maître, Médecin et Médiateur. Comme jeune homme occupé à discerner sa vocation sacerdotale, c'était exactement ce qu'il me fallait. »

Aujourd'hui, c'est cette expérience que Jacob, à travers le groupe Tridentini se propose de partager. Pour prier, parce que l'Église a un besoin pressant de (saintes) vocations sacerdotales ; pour rassembler, parce que la forme extraordinaire du rite romain doit être offerte au plus grand nombre ; pour animer, parce que la vie des étudiants catholiques exige un supplément d'âme.



II – Les réflexions de Paix Liturgique

1) Où l’on voit une fois encore, la preuve ici par Jacob, que la forme extraordinaire du rite romain attire les jeunes, et que ceux-ci ne sont pas nécessairement issus de familles traditionalistes, mais souvent des « convertis » à la liturgie tridentine, qu’ils ont découvert par eux-mêmes.

2) Ils ne font guère de bruit mais il y a sur tous les continents des groupes de jeunes garçons qui se retrouvent autour de la forme extraordinaire du rite romain. Pour la servir, la chanter, la promouvoir. C'est là un vivier essentiel de vocations sacerdotales et religieuses. Ces groupes de « grands clercs », à l'image de ceux de la paroisse Saint-Eugène à Paris, par exemple, témoignent de l'attrait qu'exercent encore les saints mystères, surtout lorsqu’ils sont célébrés de manière à manifester l’essence du ministère sacerdotal, comme c’est le cas dans la liturgie traditionnelle.

3) Capitale du monde catholique, Rome attire chaque année des jeunes gens se posant la question de leur vocation. Beaucoup d'entre eux n'ont pas trouvé dans leur diocèse l'accueil qu'ils espéraient, surtout s'ils ont manifesté un trop grand intérêt pour la tradition – liturgique, spirituelle et doctrinale – de l'Église. Ils viennent donc à Rome en pensant pouvoir y trouver une nourriture pour leur âme et des passerelles pour l'accomplissement de leur vocation. Il n'existe cependant jusqu'à ce jour (*) aucune structure – foyer, institut – pouvant leur offrir en un seul lieu tout le soutien dont ils ont besoin. Heureusement, ils trouvent en la paroisse personnelle de la Trinité des Pèlerins un lieu où ils peuvent se rencontrer autour de la forme extraordinaire du rite romain.

4) La messe célébrée au Panthéon le 26 janvier 2018 fut un bel exemple de ce caractère international, presque universel, de l'intérêt des fidèles pour la liturgie traditionnelle. Les personnes présentes – qui pour une bonne part n'avait pas prévu d'assister à un office traditionnel – ont été très marqués de voir des jeunes venus de toutes les régions du monde – d'Amérique, de Grande-Bretagne, du Nigeria, de France, de Pologne et d'Italie – dans l'assistance, dans la chorale et, surtout, au chœur. Bien plus, ils ont été marqués par la profonde atmosphère de piété liturgique de la cérémonie. Comme nous le déclara un couple de touristes belges, venu pour visiter le monument et qui décida de rester « pour voir » la cérémonie qui se préparait : « C'est une messe magnifique à laquelle nous avons participé. Chez nous en Belgique il n'y a plus rien de cela et c'est bien dommage car nous y participerions de bon cœur. » Deux étudiants chinois catholiques de Hong-Kong, venus eux-aussi par hasard, nous affirmèrent avoir trouvé en participant à cette cérémonie le sens de leur pèlerinage à Rome . Et quelle stupeur pour les touristes de passage de voir, à la sortie du Panthéon dont ils ignorent souvent que c'est "aussi" une église, de si nombreux jeunes évidemment catholiques, l'un avec son surplis, l'autre avec les partitions, s'exprimant dans toutes les langues et rayonnant de joie, de paix et d’enthousiasme. Deo gratias.



(*) Le Coetus Internationalis Summorum Pontificum, organisateur du pèlerinage international du peuple Summorum Pontificum à Rome, a dans ses cartons un tel projet.

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